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Cet article propose une première analyse des différences et nouveautés apportées par la version 5.bêta de la constitution Holacracy. La version stable actuelle est la version 4.1, disponible sur le site http://holacracy.org/constitution et déjà traduite par Igi Partners https://igipartners.com/constitution-holacracy. IgI a été la première entreprise à importer Holacracy des Etats-Unis en 2010.

Qu’est-ce que la Constitution Holacracy ?

La Constitution Holacracy documente les règles, la structure et les processus fondamentaux de la gouvernance en Holacracy (Holacratie). On peut assimiler Holacracy à un «système d’exploitation» pour gouverner et gérer une organisation. Cette constitution pose les fondations d’une organisation souhaitant utiliser Holacracy (Holacratie)comme principe de fonctionnement, en ancrant le “powershift”, la bascule vers une autorité distribuée. Holacracy (Holacratie) propose des «règles du jeu» concrètes, explicites et documentées, auxquelles tous les membres de l’organisation peuvent se fier.

Cette constitution Holacracy est écrite et diffusée par Holacracy One, avec une licence de CC-BY-SA pour la marque Holacracy. Ce qui veut dire que toute organisation peut utiliser cette constitution et la modifier comme elle le souhaite à condition de continuer à la maintenir sur cette même licence CC-BY-SA en mentionnant la source http://holacracy.org/constitution. HolacracyOne, dont le premier lien est Brian Robertson, a conçu et fonctionne avec le système Holacracy (Holacratie). Leur gouvernance dans le logiciel GlassFrog est accessible publiquement ici : https://app.glassfrog.com/organizations/5/orgnav/roles/136/overview

Le travail sur la constitution Holacracy se conduit en ligne, sur la plateforme collaborative GitHub https://github.com/holacracyone/Holacracy-Constitution et permet à Brian Robertson, leader de cette rédaction, de bénéficier des discussions avec des organisations qui utilisent et pratiquent Holacracy au quotidien dans le monde entier.

Jusqu’à la version 4.0, la constitution Holacracy était développée par Brian Robertson et son entreprise HolacracyOne. Pour écrire la version 4.1 il a fait appel à des contributeurs que sont Rashid Gilanpour, Alexia Bowers, Djwork, Martina Röll, Olivier Compagne, Koen Veltman, Mieke Byerley, Diederick Janse, Karilen Mays, Bernard-Marie Chiquet, Tim Kelley, Dien Kwik, Kræn Hansen et Jeffrey Anthony. La version 5.0 a jusqu’ici bénéficié des apports de 10 contributeurs que l’on peut voir sur la plateforme GitHub https://github.com/holacracyone/Holacracy-Constitution/blob/v5.0-beta/Holacracy-Constitution.md 

Ce qui change dans la version 5 ?

La nouvelle version 5.0 contient 20% de mots en moins et deux fois plus de paragraphes que la précédente ! Un but clairement posé de simplifier son écriture, pour la rendre plus accessible. Un des objectifs est aussi de rendre ce texte plus facile à traduire, et surtout de permettre des traductions plus fidèles à l’esprit de l’original en anglais.

Des clarifications ont été apportées là où des doutes pouvaient exister, notamment sur la définition des Politiques. Une Politique n’a plus à être attachée à un Domaine. 

La règle d’or sur les permissions en Holacracy est plus clairement explicitée dans l’article 2 : vous pouvez entreprendre toute action utile dans vos rôles, à moins qu’une règle ne dise le contraire ! 

Les réunions tactiques (réunions de triage) sont disponibles pour tout le monde à tout moment, pas seulement dans les Cercles mais aussi entre des Rôles appartenant à plusieurs Cercles.

Tout ce qui peut être attendu de quelqu’un dans une réunion tactique tels que des indicateurs, des points sur les projets, peut maintenant être demandé à tout moment en asynchrone à un Rôle. C’est une dynamique qui apparaît naturellement dans les organisations qui ont de la pratique en Holacracy, et c’est maintenant clairement décrit dans la constitution.

Allocation des ressources

Jusqu’ici, le Premier Lien avait l’autorité pour allouer les ressources dans le Cercle, une fonction héritée de la vision managériale classique des organisations. Le Leader de Cercle n’a plus cette autorité. A la place, il y a une règle pour l’allocation de ressources, inspirée de ce qui est pratiqué depuis plusieurs années chez Holacracy One. Tout membre peut dépenser les ressources du Cercle en annonçant son intention de le faire. Cela peut se faire en proposant par exemple sur Slack “Dans le Rôle xxxx, j’ai l’intention de dépenser cette somme d’argent”. Un délai est laissé au Cercle pour réagir et délibérer. Tant qu’il y a délibération, la dépense ne peut pas être engagée, jusqu’à ce que plus personne ne voie à discuter, ou que le Leader du Cercle interrompt la délibération. Le Leader de Cercle garde donc un rôle prépondérant sur l’allocation des ressources, mais doit lui aussi utiliser ce même processus et donc informer le Cercle de ses intentions de dépenses.

Cette nouvelle version de la constitution permet donc aussi bien de garder un fonctionnement très contrôlé et centralisé des dépenses ou au contraire de donner une grande indépendance aux Cercles pour gérer leurs dépenses et revenus. C’est un changement culturel fort dans Holacracy. Au lieu d’aller demander au premier lien si l’on peut effectuer une dépense, un membre va demander aux autres membres du Cercle : s’il n’y a pas de réponse, il peut engager sa dépense !

Cela clarifie aussi le fait que ce processus de contrôle des ressources concerne bien les ressources financières et non le temps passé des personnes.

Une Politique peut modifier ce processus ou définir des seuils.

Rôle portés par plusieurs Membres de l’organisation

Ils peuvent maintenant s’organiser eux-mêmes en Cercle, créer des Sous-Rôles, des règles de gouvernance, etc. Tout Rôle peut devenir un Cercle !

Les changements majeurs

Une évolution sémantique importante a eu lieu sur le nommage des Rôles de 1er lien et 2nd lien. Décision difficile de Brian Robertson, qui ne met pas tout le monde d’accord dans la communauté Holacracy – https://github.com/holacracyone/Holacracy-Constitution/issues/280 – mais qui est bien celle retenue dans cette version Bêta de la Constitution Holacracy 5.0. La notion de Lien existe toujours, mais pour un usage différent, pour les Rôles Liés, invités par des Cercles, comme nous en parlerons plus loin dans l’article.

Il me semble très intéressant et positif d’avoir une autre dénomination que 1er et 2nd lien, car celle-ci pourrait intuitivement induire une sorte de hiérarchie entre les deux. Cela ne reflète pas l’esprit de la constitution.

Voici dans l’ordre d’apparition, les nouveautés que vous découvrirez à la lecture de cette nouvelle version !

Le Premier Lien devient Leader de Cercle

Le terme de “Lead Link” n’apparaît plus dans la constitution Holacracy en version 5. On parle de “Circle Lead”. On pourrait continuer à le traduire par 1er lien, mais Leader de Cercle est sûrement plus explicite et crée une connexion sémantique logique avec le Leader de Rôle qui désigne la personne qui porte un Rôle.

Le Leader de Cercle est très similaire à la notion de 1er lien, mais ses redevabilités sont moins nombreuses. Elle sont réduites à :

  • Définir des Rôles et / ou des Politiques via le processus de gouvernance du Cercle pour mettre en oeuvre sa raison d’être et ses redevabilités.
  • Attribuer des personnes aux Rôles du Cercle, surveiller l’ajustement entre les personnes et les Rôles qu’elles énergisent et réattribuer des Rôles à d’autres personnes pour optimiser cet ajustement.
  • Évaluer la valeur relative des efforts du Cercle sur demande pour résoudre les conflits de priorité entre les Rôles.

Ce Leader de Cercle reste aussi redevable de toutes les Redevabilités du Cercle qui ne sont pas déléguées à des Rôles ou à des processus écrits dans le Cercle.

En version anglaise : 

  • Defining Roles and/or Policies via the Circle’s Governance Process to enact its Purpose and Accountabilities.
  • Assigning Partners to the Circle’s Roles, monitoring the fit, and re-assigning Roles to other Partners to optimize fit.
  • Judging the relative value of Circle efforts on request to resolve priority conflicts across Roles.

The Circle Lead also holds all Accountabilities on the Circle to the extent they are not covered by the Circle’s Roles or processes.

Une formule importante qui existait dans la version précédente, précisait une redevabilité de donner du Feedback aux Rôles pour les aider à mieux énergiser leur Rôle. Cette formule disparaît, mais la troisième redevabilité peut être interprétée de diverses manières et ouvrir des possibilités de Feedback. On comprend que l’intention est d’aller vers un rôle de Leader décrit de manière plus succincte, et l’organisation pourra toujours créer tous les Rôles qui lui paraissent utiles pour améliorer son fonctionnement… comme par exemple : créer un Rôle avec une redevabilité “Offrir du Feedback aux membres” !

Le Leader de Cercle n’a plus la redevabilité d’allocation des ressources.

Le Second Lien devient le Représentant du Cercle

On parle maintenant de “Circle Rep” au lieu de “Rep Link”, qui avait été traduit par 2nd lien dans les précédentes versions de la constitution. “Circle Rep” est une contraction de “Circle Representative”.

Représentant du cercle est aussi un terme qui deviendra certainement plus explicite pour les organisations qui adoptent Holacracy, car l’expression désigne bien le rôle, et rend plus explicite encore que le Leader d’un Cercle n’est pas son Représentant ! La logique et les règles sont bien celles des doubles liens qui existent depuis longtemps et viennent de la Sociocratie, avec cette intention de ne pas cumuler les fonctions de leadership et de représentation dans le Super-Cercle.

Article 1.2 Assignation des Rôles

On peut créer un Rôle pour contrôler les affectations dans d’autres Rôles, et cela devient son Domaine d’autorité. Quiconque remplit un Rôle avec ce domaine peut affecter des personnes pour remplir le Rôle cible ou supprimer des personnes de ce rôle à tout moment. Toute personne ainsi affectée devient le «Leader de Rôle» pour ce Rôle. Lorsqu’un Rôle n’est pas rempli, les Leaders du Rôle d’assignation des Rôles sont automatiquement considérés comme les Leaders des Rôles non remplis dans le Cercle.

La description est une peu fastidieuse à lire ! Cette mécanique n’est pas nouvelle, elle est la même description qui existait jusque-là pour la redevabilité d’assignation des Rôles, incombant aux Premiers Liens des Cercles. La constitution 5.0 propose un fonctionnement plus générique, notamment pour un Cercle d’ancrage où il n’y a pas de Leader de Cercle. Cette évolution introduit plus de clarté dans l’intention de séparer les pouvoirs clés de l’organisation. Une personne peut cumuler le rôle de Leader avec celui d’assignation des Rôles, mais ce sont bien deux Rôles différents.

Article 1.3.1 Décomposition des rôles

Ce nouvel article indique que tout Rôle est également un Cercle en interne et peut de fait utiliser le processus de gouvernance pour créer des Sous-Rôles, des Politiques. Le Cercle intérieur d’un Rôle peut contenir des Rôles et des Politiques pour organiser le travail de ce Rôle. Cela exclut les rôles de Leader de Cercle, Représentant de Cercle, Facilitateur et Secrétaire, qui eux ne peuvent pas se constituer en Cercle. Un Cercle intérieur d’un Rôle est un Sous-Cercle du Cercle qui a créé le Rôle.

Cette nouveauté est un chamboulement culturel, surtout pour les organisations les plus conventionnelles au niveau managérial. Toute personne peut maintenant créer un Cercle depuis son Rôle, sans avoir à demander d’autorisation ni solliciter une décision de son Super-Cercle. Et dans ce Cercle, les décisions seront prises en autonomie ! Les équipes peuvent initier des processus de gouvernance n’incluant plus forcément leur manager !

Article 1.3.4 Liens entre les cercles : les Rôles Liés

Si une Politique l’y invite, tout Rôle peut se “lier” à un Cercle s’il l’accepte et participe alors à la gouvernance de ce Cercle. L’assignation de ce Rôle reste une autorité détenue par le Cercle d’origine du Rôle. Le Cercle qui invite un Rôle peut lui ajouter des redevabilités, qu’il pourra ensuite modifier, mais ne peut pas modifier des redevabilités ajoutées par le Cercle d’origine. De la même façon, le Cercle qui a créé le Rôle ne peut pas modifier des redevabilités ajoutées par un autre Cercle. Quand un Rôle se “délie” d’un Cercle qui l’avait invité, tous les ajouts faits dans la gouvernance du Cercle invitant sont de fait supprimés.

La notion d’entité liée disparaît de la constitution Holacracy dans sa version 5, avec les rôles de Lien Transverses qui en découlaient. Ce nouveau fonctionnement est plus clair et offre des possibilités de liens en interne comme avec d’autres organisations extérieures.

Article 1.3.5 Créer des Cercles entres les Rôles

Les Rôles peuvent créer entre eux un nouveau Cercle pour gouverner une raison d’être partagée entre eux, et ce dans le but de servir leurs raisons d’être respectives. Les Rôles qui fondent ce nouveau Cercle doivent définir ensemble cette raison d’être du Cercle qu’ils constituent entre eux, de même que ses redevabilités. Les Rôles fondateurs deviennent des Rôles Liés dans le Cercle. A tout moment, un Rôle peut quitter un tel Cercle et perd de fait les ajouts qui avaient été faits à ses redevabilités.


Le Cercle ainsi créé n’a pas de Super-Cercle, tout comme le Cercle d’ancrage, il n’a pas de Domaine d’autorité non plus. Ce Cercle disparaît quand plus aucun Rôle ne lui est lié. Ce Cercle n’a pas de Leader de Cercle ni de Représentant de Cercle.

Cela change beaucoup les choses en donnant une possibilité nouvelle, en toute autonomie aux Rôles pour s’organiser entre eux. Un Rôle peut maintenant être impacté par des décisions de gouvernance venant de plusieurs Cercles ! Ce qui amènera une nouvelle gymnastique pour les personnes qui énergisent ces Rôles, et demandera de la finesse dans le lieu adéquat de traitement des tensions en réunion tactique.

Cette nouveauté introduit aussi la possibilité de créer des Cercles inter-organisations, avec une situation nouvelle qui permettra à un rassemblement de Rôles d’apporter des modifications à des Rôles d’autres organisations ! Des possibilités infinies !!

Article 1.4 Les Leaders de Cercle

Tout Leader de Rôle est de fait le Leader de Cercle du Cercle Interne du Rôle. 

Par ailleurs, un Cercle, sans Super-Cercle, n’a pas de Leader de Cercle, sauf si une Politique du Cercle dit le contraire

Cette dernière différence est importante, car jusqu’ici, Holacracy proposait dans sa constitution un Cercle d’ancrage avec un Premier Lien, qui pouvait aussi fonctionner sans. 

On a maintenant un Cercle d’ancrage sans Leader de Cercle, mais qui peut définir une Politique pour s’en doter ! L’esprit “par défaut” de la constitution fait un pas de plus vers la distribution de l’autorité et la sortie de l’organisation pyramidale des organisations.

Article 1.4.2 : Références à un Cercle

Chaque fois que la gouvernance en dehors du Cercle fait référence au Cercle lui-même ou à tout Rôle dans le Cercle, le Leader de Cercle peut mettre à jour cette référence pour faire référence à un autre Rôle dans le cercle. Cela ne nécessite pas d’utiliser le processus de gouvernance de l’un ou l’autre des Cercles concernés.

Ce fonctionnement sera plus efficace car il permet d’interpeller directement les rôles concernés et limite les intermédiaires dans la sollicitation de redevabilités auprès des Leaders de Cercles.

Election Sans Candidat pour la facilitation

Je ne vois pas d’interdiction pour le Leader d’un Cercle d’être facilitateur élu, sauf Politique contraire. C’est à mettre en corrélation avec l’apparition d’un Domaine d’autorité distinct pour l’assignation des Rôles. La nouvelle version de la constitution donne plus de flexibilité pour l’organisation dans la vision de ce qui lui convient en terme de séparation des pouvoirs pour les Rôles de Leader.

Je vois aussi dans cette possibilité un fonctionnement plus proche de la réalité pour les organisations en transition, où les Leaders sont aussi souvent les personnes qui impulsent la transformation des pratiques et facilitent les premiers temps de travail.

Article 2.1.3 : Ne dépensez pas d’argent !

Une personne qui énergise un Rôle ne peut dépenser de l’argent ou d’autres ressources que si elle y a été autorisée par un Cercle qui détient le contrôle de ces ressources. 

Cette précision est nouvelle dans la constitution. Il existait dans la version 4.1 une spécification des actions autorisées, qui disait : 

“Votre Action n’amène pas, n’engage pas, ou n’autorise pas, ni ne contribue autrement à disposer des ressources ou autres actifs de l’Organisation, au-delà de ce que vous êtes autorisé à dépenser.”

Cette fois-ci, un article de la constitution est dédié à ce sujet des dépenses d’argent. Il précise que pour obtenir une autorisation de dépense de ressources, les demandes de dépenses doivent être communiquées à l’ensemble des membres du Cercle auquel l’autorisation est demandée. Les membres de ce Cercle peuvent réagir dans un délai raisonnable et demander à délibérer sur cette dépense. 

Il y a un terme que je n’ai pas su traduire de manière très précise en français. Quand un Rôle partage une intention de dépense de ressources, tout autre membre du Cercle peut “escalate” la proposition de dépense. Tant qu’il y a “escalation” sur la dépense, elle ne peut pas avoir lieu, jusqu’à ce que les autres membres “desescalate” ou que le Leader de Cercle mette fin à “l’escalation”. Je comprends qu’une escalation est une discussion sur la pertinence de la dépense, ou son montant. Tant que des membres du Cercle réagissent à la proposition, une discussion se tient jusqu’à ce que les points discutés soient résolus ou retirés ou bien que le Leader de Cercle ne mette fin à l’échange. Alors seulement le proposeur de la dépense peut effectuer sa dépense.

Le Leader de Cercle a donc l’autorité de mettre fin à une discussion sur une dépense pour, de fait, l’autoriser. Et ce qui est réellement nouveau, c’est que le Leader de Cercle lui-même doit passer par ce processus. Donc même si ce Rôle pourra toujours autoriser lui-même sa propre intention de dépense, elle aura forcément fait l’objet d’une communication aux membres du Cercle. C’est la grande nouveauté de la version 5.0 de la constitution. 

Bien entendu, les Cercles pourront fixer une Politique pour déterminer à partir de quel montant il est jugé utile de passer par cette communication au Cercle.

Article 2.2.5 Prioriser votre attention

La personne qui porte des Rôles peut être amenée à prioriser ses actions et projets selon un ordre contraire aux priorités d’un Cercle. Dans ce cas, elle doit en informer le Leader de Cercle du-dit Cercle. 

Ce point clarifie l’importance d’entrer dans l’explicite en permanence en ce qui concerne la priorisation des tâches dans l’organisatio

Article 2.4 Les réunions tactiques

Tout associé peut convoquer une réunion tactique (de triage) pour engager d’autres Rôles dans leurs redevabilités en invitant les Rôles concernés. Les Leaders de ces Rôles sont conviés ou un sous-ensemble de Leaders de Rôles du Cercle concerné. L’associé qui convoque la réunion peut solliciter le facilitateur du Cercle qu’il juge pertinent pour faciliter cette réunion.

Ce qui est intéressant ici, c’est que la convocation de réunions n’est plus le seul fait du secrétaire d’un Cercle. Cela va rendre les échanges plus dynamiques et limiter le risque de participation à des réunions peu intéressantes.

Aussi, les Représentants de Sous-Cercles ne sont plus invités automatiquement aux réunions tactiques, dans la mesure où ces représentants peuvent demander ce qu’ils ont à processer avec les autres Rôles hors des réunions tactiques

Article 3.3 Les réunions de Gouvernance

En plus des réunions ordinaires de Gouvernance que le secrétaire doit convoquer, un secrétaire peut convoquer rapidement des réunions de gouvernance “spéciales” à la demande de tout membre. Le membre qui sollicite cette réunion de Gouvernance spéciale peut aussi spécifier les intentions et limites de cette réunion de gouvernance. Par exemple, un focus sur une tension ou certains Rôles. Dans ce cas, l’autorité de cette réunion sera limitée à ces sujets. Le membre qui a demandé la réunion peut prioriser l’ordre du jour, ce n’est plus l’autorité exclusive du Rôle Facilitateur.

Cette possibilité introduit une autre possibilité de souplesse et de réactivité, dans la droite ligne de la philosophie Agile.

Article 3.3.1 Qui peut être présent ?

En plus des membres du Cercle et des Rôles élus, le Représentant du Cercle peut inviter un Partenaire à participer à toute réunion de gouvernance du Cercle ou de ses Sous-Cercles, pour aider à processer une tension spécifique ressentie par le Représentant du Cercle.

 Ce qui est nouveau ici, est la limitation de cette possibilité à une seule personne sur invitation du Représentant de Cercle, là où précédemment le Premier Lien et les Liens transverses avaient aussi cette faculté.

Article 3.3.3 Le processus de réunion de Gouvernance

 La structure de la réunion reste bien sûr la même, avec un ajout intéressant.

Pendant une réunion de gouvernance, tout membre du Cercle peut demander un “Time Out” que la facilitation peut accepter ou refuser. Le “Time Out” permet de discuter des règles de la constitution ou de points administratifs mais jamais des tensions, des propositions ou des objections. La facilitation interrompt le “Time Out” quand elle le souhaite.

On voit traduite ici cette intention que le Rôle de Facilitation soit dans une posture de coach des Rôles pour les aider à processer leurs tensions. La constitution invite ici clairement les organisations à se saisir de cette opportunité.

Article 3.4 Gouvernance Asynchrone

Un nouveau point est explicité dans cette version de la constitution Holacracy. Il s’agit de la possibilité pour tout membre d’une Cercle de demander une Élection Sans Candidat conduite en asynchrone, c’est-à-dire hors d’une réunion de gouvernance. Une source de gain de temps intéressante qu’il faudra certainement outiller du bon logiciel pour que le processus soit rapide et léger !

Article 4 La relation de Partenaire et les accords de travail

L’organisation peut donner le statut de Partenaire à toute personne qui accepte de se conformer aux règles de la constitution et de travailler au nom de l’organisation. Les partenaires peuvent conclure entre eux des “Accords de Travail”, pour définir la façon dont ils entendent interagir entre eux.

Ces “Accords de Travail” servent à définir des comportements sous-jacents au travail, et ne servent pas à définir la liste de ce qui est attendu des personnes dans le travail. Ils peuvent spécifier des actions concrètes ou des attentes comportementales à honorer, mais pas lister des objectifs ou des qualités abstraites. Donc ce ne sont pas des redevabilités.

En tant que Partenaire, vous pouvez demander un Accord de Travail à un autre Partenaire, parce que c’est votre souhait personnel ou parce que vous en avez besoin pour énergiser vos Rôles. Ce Partenaire peut accepter ou non cet Accord de Travail, selon ses convenances personnelles. Un Accord de Travail peut être rompu unilatéralement sauf si autre chose a été spécifié.

Ce fonctionnement introduit du consentement personnel comme il existe en Sociocratie pour l’acceptation de ces Accords de Travail, dans le champ des relations interpersonnelles

Les Partenaires ont l’obligation de respecter les Accords de Travail qu’ils ont acceptés. Un Facilitateur peut aussi renforcer ces Accords de Travail en facilitant des réunions, tant qu’elle n’entrent pas en conflit avec la constitution.

La constitution permet de cette façon d’introduire par exemple des règles de résolution des conflits ou de régulation des relations interpersonnelles.

C’est une belle et riche évolution qui est apportée ici car elle permet d’inclure une forme de charte relationnelle entre les membres de l’organisation. C’est un aspect qui était perçu comme un manque ou une lacune par plusieurs organisations qui avaient testé Holacracy, mais n’avaient pas réussi à mettre en pratique cette dimension de régulation des relations interpersonnelles dans le cadre de la version 4.1 de la constitution. Je pense que les règles existantes le permettaient, mais demandaient une ingénierie de gouvernance pas toujours intuitive. Il y a maintenant une possibilité et une invitation claire à investir le champ relationnel. 

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