Ces 11 principes guident l’interprétation de la Constitution v6 quand les règles sont silencieuses. Ils énoncent ce à quoi une organisation s’engage en adoptant ce cadre. Version candidate 3 : projet Holacracy v6. Produite le 2026-05-09.
En adoptant cette Constitution, nous ne signons pas seulement un ensemble de règles. Nous choisissons une façon d’être ensemble au service d’une raison d’être qui nous dépasse. Les principes qui suivent énoncent ce à quoi nous nous engageons : ce qui guide notre interprétation des règles quand elles sont silencieuses, et ce qui reste vrai quand elles évoluent.
01. Nous servons une raison d’être qui nous est propre
Nous reconnaissons que cette organisation existe pour une raison d’être distincte des nôtres. En la rejoignant, nous choisissons librement de mettre notre énergie au service de cette raison d’être. C’est le sens de notre engagement.
02. Nous traitons les tensions comme des signaux
Nous accueillons les tensions (les écarts entre ce qui est et ce qui pourrait être) comme des informations valides au service du but commun. Nous nous engageons à leur donner un chemin plutôt qu’à les étouffer. C’est ainsi que l’organisation apprend et s’adapte.
03. Nous distribuons l’autorité sans la supprimer
Nous croyons que l’autorité est plus efficace quand elle est proche de l’action. Nous la distribuons, nous la délimitons, nous la rendons explicite. Chaque Partenaire est pleinement souverain dans son périmètre. Personne n’est responsable de tout, chacun est responsable de quelque chose.
04. Nous faisons de la clarté une condition de la liberté
Nous savons que l’ambiguïté produit de l’insécurité. Un Partenaire qui ignore ses limites ignore aussi l’étendue de son autorité. Nous nous engageons à rendre la structure explicite pour que chacun sache où il peut agir sans demander la permission.
05. Nous distinguons gouverner et opérer
Nous maintenons une séparation nette entre les décisions qui modifient la structure (qui fait quoi, avec quelle autorité) et les décisions qui font avancer le travail au quotidien. Cette distinction protège la clarté de chacun et la capacité collective d’évoluer sans se paralyser.
06. Nous n’opposons pas les personnes et les règles
Nous faisons évoluer la structure autour des personnes, plutôt que de chercher à changer les personnes pour faire fonctionner l’organisation. Les règles sont le cadre que nous nous donnons pour nous montrer tels que nous sommes et contribuer pleinement.
07. Nous faisons évoluer les règles par les règles, et non par le pouvoir
Nous nous engageons à ne modifier notre cadre commun que par les processus que ce cadre lui-même prévoit. Tant que ce cadre est en vigueur, nul ne peut s’en affranchir ni le contourner par décision unilatérale. Ceux qui l’ont adopté gardent le pouvoir de l’amender ou de l’abroger : c’est un acte fondateur, exercé par écrit et à découvert, jamais un acte de gestion. Le système appartient à tous ceux qui le pratiquent.
Dans ce même esprit, les décisions qui font évoluer la structure d’un cercle ne peuvent pas être bloquées par des préférences personnelles. Une objection n’est valide que si elle pointe un réel dommage pour la capacité de l’organisation à avancer.
08. Nous n’écrivons que ce que nous honorons, et tout ce qui compte est écrit
Rien d’implicite n’est contraignant. Ce qui n’est pas écrit n’est pas opposable. Nous nous engageons à expliciter ce qui compte : rôles, autorités, attentes, accords. Cette discipline s’applique aussi bien à la Constitution qu’aux registres de gouvernance de chaque cercle et aux accords relationnels entre Partenaires. C’est une forme de respect envers chacun.
09. La structure d’un cercle appartient à ses membres
Seuls les membres d’un cercle participent aux décisions qui modifient sa structure et ses rôles. Cette règle n’est pas un détail opérationnel : c’est l’expression du principe de subsidiarité appliqué à l’autorité organisationnelle. L’autorité de modifier les règles d’un périmètre appartient à ceux qui en sont responsables.
10. Nous soutenons l’autonomie sans confondre autonomie et indépendance
Nous croyons que des personnes réellement autonomes créent plus de valeur que des personnes en attente d’instructions. Mais l’autonomie n’est pas l’indépendance : chaque rôle est autonome dans son périmètre et interdépendant du reste. Ce système soutient simultanément la pleine capacité d’initiative individuelle et la cohérence de l’ensemble.
11. Nous ne figeons pas les polarités
Nous reconnaissons que les groupes humains naviguent entre des polarités naturelles : verticalité et horizontalité, centralisation et distribution, individuel et collectif. Cette Constitution ne tranche pas ces polarités une fois pour toutes. Elle fournit un cadre qui permet à chaque organisation de les habiter selon ses propres réponses, sans les supprimer.
12. Nul ne délègue sa redevabilité
Nous distinguons diriger et répondre. On peut confier un rôle, son autorité et ses moyens ; on ne transfère jamais le fait d’en répondre. Toute délégation laisse la redevabilité chez celui qui délègue, et toute chaîne d’autorité a, à son terme, une personne qui en répond.
Évolution libre de la Constitution Holacracy v5. Produite par Sémawé. Diffusée sous licence CC BY-SA 4.0.