Quatre phases, et deux modes qu’on ne mélange jamais
Le creative problem solving est une méthode de résolution de problèmes formalisée par Alex Osborn et Sidney Parnes dans les années cinquante, remaniée plusieurs fois depuis. Elle organise le travail en quatre phases : clarifier le problème, produire des idées, développer une solution, préparer sa mise en œuvre. Chaque phase s’ouvre par un temps de divergence, où l’on multiplie les propositions sans les juger, et se ferme par un temps de convergence, où l’on trie selon des critères posés à l’avance.
📄 La fiche d'animation du creative problem solving
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La règle qui porte la méthode tient en une phrase : les deux modes ne se tiennent jamais dans la même minute. Un groupe qui évalue en produisant ne produit plus rien au bout de trois propositions, la première critique suffisant à faire taire ceux qui hésitaient. Séparer les deux temps ne demande aucun talent particulier, seulement une discipline que le facilitateur tient à la place du groupe.
La situation où la méthode débloque quelque chose
Une équipe travaille un problème depuis des mois et produit invariablement les mêmes trois options, dont deux sont écartées pour des raisons connues de tous. Le diagnostic est complet, la documentation abondante, et la solution n’arrive pas. L’analyse supplémentaire ne changera rien, le problème étant trop bien posé pour laisser apparaître autre chose que sa réponse habituelle.
Le deuxième cas se reconnaît à la vitesse de la réunion. Quelqu’un propose une solution dans les cinq premières minutes, elle est raisonnable, elle devient l’objet du débat, et la séance se consacre à l’améliorer. Personne n’a examiné si le problème traité était le bon.
La phase de clarification traite ces deux cas. Reformuler le problème sous dix angles différents, puis retenir celui qui ouvre le plus, déplace le résultat davantage que toutes les techniques de créativité réunies. Un problème énoncé comme la réduction d’un délai de traitement, puis reformulé en question de savoir pourquoi ce délai compte pour le client, n’appelle pas les mêmes réponses.
Ce qu’on observe en l’animant
Les groupes acceptent facilement la divergence et résistent à la convergence. Trier suppose de renoncer, et le renoncement se fait mal en séance quand les critères de choix n’ont pas été arrêtés avant de voir les propositions. Le facilitateur fait donc formuler ces critères pendant la phase de clarification, ce qui retire au tri son caractère d’arbitrage personnel.
Le second constat porte sur le volume. Une divergence qui s’arrête à quinze idées reste dans le domaine du déjà connu ; les propositions qui déplacent le sujet arrivent entre la trentième et la cinquantième, une fois le stock d’évidences épuisé. Tenir le groupe au travail pendant ce passage à vide fait partie du métier de celui qui anime.
Ce que contient la fiche
Les quatre phases minutées pour un atelier d’une demi-journée, les techniques de divergence et de convergence propres à chacune, la liste des reformulations qui ouvrent un problème, les critères de tri les plus employés, et les consignes qui tiennent la séparation des deux modes. La fiche signale les trois moments où un groupe glisse spontanément d’un mode à l’autre, avec la phrase qui le remet en place.
Pour aller plus loin
Pour la seule phase de divergence et les techniques qui l’alimentent, voir la formation brainstorming et séances de créativité. Quand la solution importe moins que le déblocage, l’approche centrée solution emprunte un chemin plus court. Certains problèmes n’en sont pas et se gèrent au lieu de se résoudre, ce que décrit le management des polarités. L’animation de ces ateliers relève de la facilitation de séminaires.
Questions fréquentes
Quelle différence avec un brainstorming ?
Le brainstorming est une technique de divergence, qui occupe une partie de l’une des quatre phases. Le creative problem solving est la structure qui l’entoure : sans clarification en amont ni convergence en aval, une séance de brainstorming produit une liste dont personne ne fait rien.
Combien de temps prévoir ?
Une demi-journée pour un problème circonscrit, deux journées espacées pour un sujet qui engage plusieurs services. Les quatre phases se tiennent aussi en quatre-vingt-dix minutes sur un problème simple, à condition de ne sacrifier aucune des deux premières.
Faut-il un facilitateur extérieur ?
Pas nécessairement, mais celui qui anime ne peut pas être partie prenante de la décision. Tenir la discipline des deux modes et défendre en même temps une option sont incompatibles, et le groupe s’en aperçoit en quelques minutes.