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Le 1er mars 2018, Aliocha (PDG de Semawe) intervenait à la French Tech Culture pour une rencontre sur le thème de “l’entreprise libérée”*. De ces échanges riches et constructifs, nous avons extrait quelques remarques exprimées. J’en ai choisi deux qui reviennent régulièrement, car elles reflètent les inquiétudes les plus répandues sur le sujet.

Tout le monde n’a pas envie de travailler dans une “entreprise libérée”.

Cette idée revient souvent. Ou du moins l’idée qu’une entreprise libérée doit respecter les différents besoins de ses salariés, et ainsi répondre également aux demandes de ceux qui souhaitent être plus encadrés (car ils ont été éduqués dans un cadre strict, ont des blocages, un manque de confiance en eux…).

Ce à quoi nous posons nous-mêmes une autre question : n’est-ce pas le rôle d’une entreprise qui cherche le bien-être de ses salariés que de démontrer les effets positifs d’un tel fonctionnement ? L’idée pour nous est de donner à expérimenter le travail dans un cadre plus souple, encourageant l’autonomie, la liberté d’expression et la responsabilisation de chacun.e, dans un but d’épanouissement individuel au sein du collectif. Dans la mesure où un des leviers de cette démarche est le droit à l’erreur…

Mais l’échec signifie perte d’argent !

Cette remarque surgit souvent très vite dans les échanges. Elle est même parfois complétée par l’idée que si les salariés ont le droit à l’erreur, il vont forcément en commettre plus. Et bien, nous pensons justement le contraire. Tout d’abord, “erreur” ne veut pas forcément dire “échec”, et elle est rentable selon nous : quasi inévitable dans la vie d’un projet, nous courons après elle le plus vite possible pour pouvoir réajuster au fil de l’eau.

La plupart du temps, une erreur dissimulée ressort au grand jour quand il est difficile, voire impossible de la rattraper, ce qui peut alors être douloureusement considéré comme un échec. De plus, elle porte en elle le potentiel de devenir récurrente, et donc bien plus problématique.

Culturellement, il est intégré qu’il vaut mieux ne pas révéler l’erreur sous peine de représailles ; ce qui nous semble être un problème majeur car il est impossible de progresser dans ces conditions-là. Le droit à l’erreur laisse le champ libre à la recherche de solutions, à la demande d’aide, et à la possibilité de faire mieux la fois d’après. Loin d’encourager à la négligence et à l’indifférence, ce principe invite à l’implication et à l’inventivité.

Ce sujet qui nous passionne tant fera l’objet d’autres rencontres, d’autres retours d’expériences, d’autres articles… Alors rendez-vous bientôt ici ou ailleurs pour l’aborder à nouveau !

Pour en savoir plus sur notre démarche, nous vous invitons à lire notre article Comment conjuguer travail et bien-être en entreprise ?

Nous vous recommandons également d’écouter l’excellente émission La tête au carré du 22 mars 2017 : “Que nous apprennent nos erreurs ?” (à partir de 15’)

* Il s’agit pour nous d’une entreprise à l’esprit collaboratif, au mode de relation le plus horizontal possible, basée sur la confiance réciproque et la prise de décision autonome. C’est l’extérieur qui nous renvoie que nous sommes une entreprise libérée mais nous ne l’avons pas décrété. Nous n’appliquons pas de modèle, nous expérimentons.

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