Pays Voironnais : construire un Projet Culturel de Territoire à partir de la parole des acteurs

Groupe en séance de coaching organisationnel en Holacratie, discussion en cercle.

Communauté d’Agglomération du Pays Voironnais

  • Collectivité territoriale
  • 31 communes, 94 000 habitants
  • Isère, Auvergne-Rhône-Alpes
  • paysvoironnais.com

Présentation du Pays Voironnais

Le Pays Voironnais est une communauté d’agglomération de 31 communes regroupant 94 000 habitants, structurée autour de Voiron comme ville-centre, de bourgs intermédiaires et d’espaces ruraux et montagneux. Fort de cinquante ans de coopérations intercommunales, le territoire dispose d’un service culturel de 80 agents, d’un réseau de 19 bibliothèques, de 2 musées, d’un monument historique également lieu d’exposition de céramique contemporaine, d’une scène régionale pluridisciplinaire (le Grand Angle), d’un label Pays d’art et d’histoire, et de centaines d’associations et de compagnies artistiques.

En 2023, le Pays Voironnais signe une convention Vers un Projet Culturel de Territoire avec ses partenaires institutionnels, avec pour horizon 2026 la formalisation d’un projet culturel commun.

Contexte et besoin

Depuis 2021, élus et techniciens du Pays Voironnais travaillent à identifier les grands enjeux de leur future politique culturelle. Un défi s’impose rapidement comme central : comment passer d’une logique de diffusion et de subvention à une logique de coopération réelle entre la communauté d’agglomération, ses communes et les acteurs du territoire ?

Pour y répondre, le Pays Voironnais choisit de ne pas produire une stratégie à huis clos. Il mandate Sémawé pour mener un Diagnostic partagé : aller écouter les acteurs du territoire dans toute leur diversité, collecter une matière authentique, et en faire le socle de l’écriture du futur Projet Culturel de Territoire.

Étapes de l’accompagnement

Phase 1. Cadrage : poser les fondations d’une démarche cohérente

Avant d’aller sur le terrain, Sémawé travaille avec l’équipe de pilotage du Pays Voironnais à construire un dispositif à la hauteur de l’ambition : diversité des publics touchés, équilibre entre communes rurales et urbaines, combinaison d’approches analytiques et sensibles. Un événement de lancement réunit dès octobre 2024 les acteurs culturels, sociaux et associatifs du territoire pour poser collectivement les bases de la démarche. Les participants s’en sentent coauteurs avant même que le travail de fond commence.

Phase 2. Immersion : aller chercher la parole là où elle se trouve

Pendant plusieurs mois, une équipe pluridisciplinaire sillonne le territoire. Des temps de travail sont organisés dans des lieux et des formats très différents : ateliers avec les élus et les techniciens, temps avec des associations, présences sur les marchés pour recueillir la parole des habitants. Aucun questionnaire, aucune collecte à distance. La parole est recueillie en face à face, dans le vif.

Un dessinateur et une autrice sont mobilisés tout au long de la démarche pour traduire les dynamiques observées sous des formes sensibles : dessins, portraits de territoire, récits incarnés. Ce regard artistique capte ce que l’approche analytique seule laisserait dans l’angle mort.

Au total, plus de 300 personnes sont rencontrées lors des différents temps de la démarche.

Phase 3. Co-création : transformer la matière en vision collective

En juin 2025, un Forum Ouvert réunit jusqu’à 90 acteurs simultanément. Les sujets émergent du groupe, les discussions s’organisent en autonomie, les convergences se forment naturellement. Pour la première fois, des acteurs aux logiques habituellement cloisonnées (élus, techniciens, associations, artistes, habitants) travaillent ensemble sur les mêmes questions, à égalité. Vingt-cinq idées d’actions sont émises lors de cette journée, toutes retranscrites dans le rapport final.

Phase 4. Restitution : un livrable qui appartient au territoire

Le rapport de concertation remis à l’automne 2025 ne contient aucune analyse ni recommandation de Sémawé. Il restitue ce que les acteurs ont dit, constaté et proposé, organisé en quatre défis stratégiques que le territoire s’est lui-même donnés. Le document est voté en assemblée communautaire en décembre 2025.

Ce choix de positionnement (facilitateur, pas consultant) est ce qui garantit que les conclusions seront portées par ceux qui les ont produites.

Résultats

Plus de 300 personnes rencontrées, jusqu’à 90 acteurs réunis simultanément lors du Forum Ouvert : l’ampleur de la mobilisation est en elle-même un résultat. Des acteurs qui ne se connaissaient pas, ou qui n’avaient jamais travaillé en dehors de leurs logiques sectorielles, ont produit ensemble une matière commune.

Les services culturels ont pu aborder avec les acteurs du territoire des questions de fond qu’une concertation classique n’aurait pas permis d’atteindre : les méthodes d’animation utilisées ont créé les conditions d’une parole franche, y compris sur des sujets sensibles. Les élus ont pu avoir des échanges directs et sans langue de bois avec les acteurs : un résultat rare dans un contexte institutionnel.

Un principe a structuré l’ensemble de la démarche : quand un participant soulevait un dysfonctionnement ou une insatisfaction, la question posée en retour était systématiquement « qu’est-ce que vous voudriez à la place ? ». Ce cadrage a responsabilisé les participants et orienté les échanges vers la construction plutôt que vers la plainte.

Les 25 idées d’actions émises lors du Forum Ouvert ont toutes été retranscrites dans le rapport final, voté en assemblée communautaire en décembre 2025. Le Pays Voironnais dispose désormais d’un socle légitime pour écrire son Projet Culturel de Territoire, construit par ceux qui devront le porter.

Ce qu’en dit le client

Les acteurs du territoire qui ont participé aux différents temps de la démarche soulignent la qualité d’écoute du dispositif : pour beaucoup, c’est la première fois qu’on leur demande non seulement ce qui ne va pas, mais ce qu’ils souhaitent à la place. Ce cadrage a changé le registre des échanges.

Les services culturels font état d’une matière de travail qu’ils n’auraient pas pu produire seuls : des positions franches, des tensions nommées, des propositions concrètes, recueillies dans des formats qui ont su mettre les participants en confiance.

Les élus, qui participaient aux mêmes ateliers que les associations et les habitants, ont pu entendre des points de vue qu’ils ne croisent pas habituellement. Plusieurs ont souligné la qualité des échanges et leur absence de langue de bois.

Intervenants Sémawé

Yann Salètes : pilotage de la mission. Jeanne de Kerdrel et Solen Bel Latour : facilitation des temps participatifs.

Mission réalisée en partenariat avec Baptiste Fuchs (dessinateur), Élisabeth Renau (autrice) et Khaled Baïtiche (graphiste et photographe).