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Constitution Holacratie v5.0 : quelles règles peuvent être modifiées par une règle de gouvernance ?

L’une des forces de la Constitution Holacratie v5.0, c’est sa modularité. Toutes les règles ne sont pas équivalentes : certaines sont fixes et intouchables, d’autres peuvent être adaptées par une règle définie dans la gouvernance d’un cercle selon les besoins de votre organisation. Savoir lesquelles — et dans quelles conditions — est essentiel pour toute organisation qui pratique l’Holacratie ou envisage de l’adopter.

Voici la liste complète des règles modifiables.

Les processus modifiables par une règle de gouvernance

3.2 — Le processus de réunion tactique peut être modifié par une règle de gouvernance.

4.1.2 — Les domaines peuvent être impactés en annonçant votre intention, mais cela peut être modifié par une règle de gouvernance.

4.1.3 — L’autorisation de dépenser de l’argent peut être accordée en utilisant le processus défini par la Constitution, mais cela peut être modifié par une règle de gouvernance.

5.1.1 — Normalement, le représentant du cercle est élu en utilisant le processus d’élection intégrative, mais cela peut être modifié en définissant un processus différent via une règle de gouvernance.

5.3 — Le processus de gouvernance asynchrone est automatiquement suspendu si quelqu’un demande qu’une proposition soit amenée en réunion, à moins qu’une règle de gouvernance ne dise autre chose.

5.4.2 — Aucun quorum n’est nécessaire pour une réunion de gouvernance, sauf si une règle de gouvernance en décide autrement.

5.4.3 — Une règle de gouvernance du cercle peut procéder à des ajouts au processus de réunion de gouvernance défini, mais ne peut pas entrer en conflit avec les règles définies à l’article 5.

Les rôles définis par la Constitution peuvent aussi être modifiés

1.4.5 — Un cercle peut ajouter des redevabilités ou des domaines à son propre rôle de Leader de cercle, puis supprimer ces ajouts. Cependant, tout ajout s’applique automatiquement à tous ses sous-cercles de manière récursive.

(Note : un cercle ne peut pas ajouter des redevabilités ou des domaines uniquement à son propre rôle de Leader de cercle, ou qui ne seraient pertinents que pour ce cercle.)

De plus, un cercle peut retirer toute redevabilité, tout domaine, toute autorité ou fonction de son propre rôle de Leader de cercle — soit en les confiant à un autre rôle du cercle, soit en définissant un autre moyen de les mettre en œuvre. Ce faisant, il retire automatiquement l’élément concerné du Leader de cercle, tant que la délégation reste en place.

5.1.1 — Un cercle peut ajouter des redevabilités ou des domaines à son propre rôle de Représentant de cercle, ainsi que modifier ou supprimer ces ajouts. (Note : aucun cercle ne peut modifier ou supprimer la Raison d’Être du rôle, ni les redevabilités placées sur le rôle par la Constitution.)

Autres éléments modifiables

1.4 — Le Cercle d’Ancrage n’a pas de Leaders de Cercle, à moins qu’une règle de gouvernance du Cercle d’Ancrage ne dise le contraire.

3.1 — Pour les réunions tactiques régulières convoquées par le Scribe d’un cercle, tous les rôles du cercle sont invités, sauf si une règle de gouvernance en dispose autrement.

Ce qu’il faut savoir pour bien utiliser ces règles

1. La portée d’une règle de gouvernance

Lorsqu’une règle de gouvernance modifie une règle ou un processus par défaut dans la Constitution, elle ne s’applique que dans le cercle qui la détient. La section 5.2.1 précise : une règle de gouvernance modificatrice ne s’applique qu’à l’intérieur du cercle qui la détient — ou, si cela est explicitement indiqué, à l’intérieur de tous les sous-cercles de manière récursive. Dans ce dernier cas, un sous-cercle peut toujours passer outre cette règle de gouvernance via l’une des siennes, sauf si cela est explicitement interdit dans la règle originelle.

2. Deux types de contenu modifiable dans la Constitution

A) « Si cet article n’est pas adopté… » — Ce petit bout de phrase au début de certains articles permet aux ratificateurs et Leaders de cercle de modifier et d’adapter tout article qu’ils ne souhaitent pas adopter immédiatement. Cela permet un chemin d’adoption échelonné et personnalisable, basé sur une Constitution partagée et transparente, sans exclure immédiatement tous les vestiges de la gestion conventionnelle. Nous détaillons cette logique dans notre article Îlots de pratique : adopter l’Holacratie progressivement, article par article.

B) « Une règle de gouvernance peut changer ceci… » — Cette précision désigne les endroits où la Constitution permet à l’organisation de définir une règle de gouvernance qui peut directement contredire ou modifier une règle donnée. Exemple : « 3.2 — Une règle de gouvernance dans le cercle peut définir un autre processus de réunion ou modifier le processus par défaut pour les réunions tactiques organisées par le Scribe ou par n’importe quel autre rôle du cercle. »

3. Toutes les références aux règles de gouvernance ne servent pas à modifier les règles constitutionnelles

À certains endroits, la Constitution indique qu’une règle de gouvernance peut être utilisée pour définir plus précisément quelque chose, mais sans autoriser cette règle à contredire ce qui a déjà été défini. Par exemple, au §1.2 sur l’attribution des rôles : « une règle de gouvernance peut contraindre davantage les assignations ou les suppressions de rôles » — mais pas les autoriser au-delà de ce que la Constitution prévoit.

Certaines références indiquent simplement qu’une règle de gouvernance est le mécanisme approprié à utiliser, sans possibilité de modification (par exemple, §1.3.4 : un rôle peut être relié à un autre cercle si une règle de gouvernance de cet autre cercle ou de tout super-cercle l’y invite).

Pour aller plus loin

Vous souhaitez consulter l’ensemble des règles de la Constitution Holacratie v5.0 ? Sémawé en propose la traduction française complète.

Pour comprendre quelles règles s’appliquent à chaque rôle fondamental selon les articles adoptés, consultez notre article Les rôles fondamentaux en Holacratie et l’adoption modulable avec la v5.0.