Qu’est-ce qui amène un dirigeant expérimenté à s’extraire trois jours de son quotidien pour explorer la notion de Source et ce qu’elle dit de son leadership ? Ce n’est pas la même chose pour chacun. Pour Alessandro Attanelli, directeur général d’Evolusens — société parisienne qui forme entre 100 et 150 coachs et accompagnants par an — c’est une intuition de collaboration avec Sémawé, et quelque chose de plus profond : le désir de nommer ce qu’il ressentait déjà sans avoir les mots pour le dire.
La retraite Source et Leadership est un temps de trois jours en immersion, en montagne, animé conjointement par Sémawé et Ordinata. Elle s’adresse aux dirigeants, fondateurs et leaders qui veulent explorer leur rapport à la vision, à l’autorité et à ce qui les anime profondément dans leur rôle. La notion de Source — telle que modélisée par Peter Koenig et transmise notamment par Stefan Merckelbach — y occupe une place centrale : qui est la Source d’un projet, d’une organisation ? Qu’est-ce que cela implique de l’assumer, ou de ne pas l’assumer ?
Alessandro a participé à la session d’automne 2023. Il a accepté de partager ce qu’il en a retenu.
Pour commencer, peux-tu te présenter brièvement ?
Je m’appelle Alessandro Attanelli, je suis Directeur Général et l’un des 3 associés d’Evolusens, basée à Paris. Notre métier est de former des coachs et des accompagnants individuels ou d’équipe. Nous formons entre 100 et 150 accompagnants par an.
Qu’est-ce qui t’a incité à participer à la retraite Source et Leadership ?
La première chose, c’est une intuition de collaborer avec Sémawé, et pour soutenir cette intuition je voulais commencer par mieux vous connaître. Je pense que l’étincelle est venue de là. Plusieurs personnes de l’équipe de Sémawé se sont formées chez Evolusens et j’avais très envie de me rapprocher de vous.
La deuxième chose, c’est qu’en tant que directeur général je ressens de plus en plus un lien fort avec une part du leadership liée à l’invisible. Je l’appelle le champ. Dans le langage de la Source, ça s’appelle ce qu’il y a avant la Source, la Source primordiale, ce que la Source capte. Et ce qui m’a invité à suivre la retraite, c’était de développer cette connexion.
Est-ce que je connaissais le concept de Source ? Non, je n’avais jamais utilisé le mot Source. La terminologie est nouvelle pour moi. En revanche, savoir qu’on est piloté par quelque chose de beaucoup plus grand, qui se trouve dans les nappes phréatiques de l’énergie — ça, pour moi, c’était assez clair depuis longtemps.
Quand j’ai entendu parler de Sources et de Sources secondaires, des choses m’ont parlé énormément. Et je le vois dans mon entreprise : comment gérer des Sources qui sont des ruisseaux, d’autres qui sont des torrents ? C’est là que j’ai trouvé mon élan primordial pour venir à cette retraite.
Et enfin, la perspective de réfléchir avec d’autres à la montagne — ça m’a énormément attiré.
Peux-tu partager les moments forts de ton expérience ?
J’ai eu plusieurs prises de conscience. La première : la Source doit avoir des moments pour elle. Des moments qui lui sont propres pour capter et canaliser ses intuitions. Ça m’a permis de réaliser que dans mon organisation, on arrive à la fin d’une période où on faisait tout en même temps — le pratico-pratique et le haut des niveaux logiques. Entendre l’expression « prendre des temps de Source pour être à l’écoute de ses intuitions » a renforcé quelque chose que je savais déjà, mais que je devais peut-être entendre à nouveau. C’a été une grande vertu de la retraite pour moi.
L’autre moment fort, ça a été de remettre à plat la question du leadership dans mon organisation. Ça est venu nourrir ensuite une retraite de notre équipe en Espagne, et ça nous a permis de nous dire : il faut qu’on ait un moment tous les trois, assez profond, pour parler de nous, de comment nous travaillons — les deux fondateurs et moi. Et ça nous a permis d’en parler beaucoup. C’était le vrai voyage du héros de la Source.
Le cadre était génial aussi : pouvoir rencontrer et échanger à tout moment, dans un cadre à la fois libre et professionnel. Être dans la nature pour quelque chose qui est pour le travail — j’adore ça. On peut parler de tout, mais pas n’importe comment. Et rencontrer des leaders avec des réalités si différentes, c’était très riche.
Comment la rencontre avec d’autres leaders a-t-elle influencé ta perception du leadership ?
Ce qui m’a vraiment marqué, c’est la rencontre avec QoQa. Ils sont deux leaders — un qui se reconnaît comme Source, l’autre au service de la Source. Ça a été compliqué pour eux de trouver cet équilibre et, en même temps, ils ont raconté comment ils y sont parvenus. Aujourd’hui, ils osent encore plus avec leurs intuitions pour aller très loin.
Une autre personne qui m’a marqué, c’est Francesca, de Babel International. Elle et moi partageons le même constat : on n’a pas beaucoup de Sources secondaires chez nous, plutôt des électrons libres. Comment les relier à la Source ? C’est mon challenge aujourd’hui.
Et puis il y a la magie de la rencontre avec les participants. Si on est ouvert — pas forcément dans la forme, mais dans le fond — il y a toujours à apprendre. C’est pas tous les jours qu’on se retrouve au même endroit avec autant de leaders.
Comment décrirais-tu l’ambiance pendant ces trois jours ?
Le groupe était très festif ! C’a été hyper simple de rencontrer les gens. L’ambiance était conviviale et pas trop cérébrale. Il y avait une belle empathie, un lien fort s’est créé, avec toute la confiance nécessaire pour s’ouvrir sans jeu d’ego.
Suite à la retraite, comment perçois-tu ta responsabilité de Source dans ton organisation ?
Ce qui résonne pour moi, c’est la confiance en quelque chose de beaucoup plus grand — ce que vous appelez la Source, ce que moi j’appelle le champ. Et je me suis rendu compte qu’il faut que je sois beaucoup plus en lien avec ma Source. Depuis, je suis beaucoup plus intransigeant pour garder des moments comme ça.
Je n’arrive pas à adhérer complètement au fait qu’il n’y ait qu’une seule personne comme Source globale dans mon organisation — je trouve ça un peu dogmatique. Mais on en a discuté dans notre trinôme et c’était très riche comme réflexion.
As-tu identifié des pathologies de Source chez toi ?
Oui. Je peux me reconnaître dans la Source molle face à nos deux fondateurs, et parfois basculer dans l’autre polarité — beaucoup plus affirmée, « je décide ». Plus j’avance et plus je me dis que l’organisation ne m’appartient pas.
Quand Stefan Merckelbach d’Ordinata nous disait : « la Source parle d’un endroit d’humilité totale, c’est pas parce qu’elle a des intuitions qu’elle est l’entreprise. C’est un canal, mais c’est tout, c’est pas quelque chose qu’on peut contenir » — je trouve ce concept très libérateur dans l’énergie qu’il permet de déployer.
Comment continues-tu l’exploration de ta Source ?
Mon chemin, c’est de laisser beaucoup plus d’espace à l’invisible et de le dire clairement dans mon organisation. De l’assumer complètement. Je me rends compte que c’est une question de diligence envers moi-même. Concrètement, on va se donner de l’espace avec un nouveau rituel de rencontre où on n’est pas dans le « faire » — pour continuer de nourrir le lien.
Y a-t-il quelque chose que tu aimerais ajouter sur l’expérience ?
L’exploration autour des ombres n’était pas nouvelle pour moi, mais très utile. Prendre conscience de mes propres peurs, de mes propres ombres, et aller au-delà de ce qu’on se raconte pour continuer de se transformer — c’est un moment pour poursuivre mon chemin personnel.
En quoi cette retraite pourrait-elle être bénéfique pour d’autres leaders ?
C’est une retraite qui fait bosser. Et qui donne beaucoup d’espoir, parce que quand on est connecté à la Source — à ce que j’appelle le champ — on est forcément dans quelque chose de beaucoup plus grand que soi. C’est une nouvelle manière de voir le leadership.
Ce que ce témoignage dit de la retraite
Ce que décrit Alessandro — la reconnaissance dans la notion de Source de quelque chose qu’il portait sans pouvoir le nommer, les prises de conscience sur son style de leadership, l’impact concret sur sa co-direction — est représentatif de ce que nous observons à chaque session.
La retraite Source et Leadership ne délivre pas de recettes. Elle crée un espace rare : trois jours en montagne, entre dirigeants, pour explorer ce qui anime vraiment leur organisation et leur propre rapport à l’autorité. Ce que certains appellent vision, d’autres intuition, d’autres encore « le champ » — la retraite aide à le nommer, à le travailler, et à rentrer avec des questions plus claires sur ce que l’on veut construire.
Pour aller plus loin sur le sujet, le livre de Stefan Merckelbach, Un petit livre rouge sur la Source, est une introduction accessible et profonde aux principes qui fondent le travail de la retraite.
La prochaine session est ouverte. Si ce témoignage vous a parlé, les détails et les dates de la prochaine retraite Source et Leadership sont disponibles sur notre site.
